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Apparence  

 

Archives ; Perle d'Amour, par Aurélie Garcia



Chapitre 1: Balfamyn, petit elfe soldat

Balfamyne se frayait un chemin parmi les herbes hautes, tout en se plaignant de sa petite taille.
Fût un temps, il est vrai, où les elfes étaient grands, beaux, majestueux, et en communion totale avec la nature et les Hommes.
Ils sont toujours beaux, majestueux et seigneurs de la Nature, mais les Hommes les ont oubliés depuis bien longtemps, et le seul souvenir qu'il en reste dans nos mémoires sont des contes auxquels on a peine à croire.
Et Balfamyn matchait, infatigable, car les Elfes ne connaissent pas la fatigue... Chemin faisant, il rencontra Fanoryn, voletant au-dessus de lui.
car il faut savoir que, bien que les elfes aient tous des ailes, seules les femmes en ont conservé l'usage.
Fanoryn se posa délicatement aux côtés de son ami et le salua :
"Bonjour, Balfamyn! Où vas-tu? Ce n'est pas le chemin de ta ville...
- Bonjour, Fanoryn la curieuse... Je vais chez le seigneur Gwynein et sa dame, Fynange. Ils m'ont convoqué, ainsi que tous les soldats.
- Vraiment? Tous les soldats? Mais alors, c'st grave!
- On dirait bien, mais on ne m'a rien dit... Maintenant, excuse-moi, je ne voudrais pas être en retard!"
Et il continua son chemin. Petit à petit, il rencontrait d'autres soldats, et, arrivé à l'entrée de la belle ville de Valmyore, ils formaient déjà une petite armée, d'elfes marchant et volants.

Pendant qu'ils rejoignent le palais, il faut que je vous explique le monde des elfes, du moins dans ses grandes lignes.

Chapitre 2: Une petite explication...

Ces petits êtres magiques et éternels vivent partout, invisibles à ceux qui ne possèdent pas la joie véritable, l'amour absolu dans leur coeur. C'est-à-dire très peu d'êtres humains...
Ils vivent et travaillent pour la paix et elur bien-être. Parmi toute cette population se trouvent les soldats, qui n'agissent qu'en cas de danger immenses, de rupture de la paix, et sans armes, car ils n'en ont pas.
Ils sont reconnaissables, et ce dès la naissance, à leurs noms.
Car, chez les Elfes, les hommes portent des noms commençant par "G", et les soldats par "B".
Et les femmes portent des noms commençant par "F", et les soldats par "A".
Ainsi, les villes comencent par "V", et les pays par "P".
Car les Elfes ont des villes et des pays à l'intérieur de nos villes et de nos pays...
Mais les voici arrivés...

Chapitre 3: La grande urgence

Le seigneur et sa dame étaient assis sur des trônes splendides, et tous les soldats se trouvaient sur des trônes semblables tout autour d'eux. Parmi ces soldats, Balfamyn ne pouvait détacher ses yeux de la dame Fynange.
Il émanait d'elle un amour infini, qui vous submergeait le coeur dès qu'elle vous regardait. Et si par bonheur elle vous parlait, votre âme se sentait si joyeuse et aimée qu'elle en irradiait.
Ce fut d"'ailleurs elle qui prit la parole:
"Comme chacun le sait, chez les Elfes, les soldats ne sont réunis que lorsqu'une urgence se présente, ou que la paix est menacée. Cette fois-ci, c'est bien la Paix, mais aussi l'Amour qui sont menacés..."
A ces mots, elle frissonna, portant la main à son collier. Il était fait de milliers de minuscules perles, peut-être même des millions. Chacune était à la fois unique et pareille aux autres, et irradiait en permanance.
Le seigneur Gwynein enchâina:
"Les Hommes grignotent chaque jour un peu plus le peu d'espace que nous possédons. Voyant cela, nous avons demandé à nos chercheurs de trouver un autre monde où vivre. Après avoir exploré les galaxies et les dimensions alentours, ils en ont conclut que le seul endroit habitable était la dimension alpha, Dréxényore."
Les soldats poussèrent des cris de peur, autant que d'étonnement.

Mais je vais vous expliquer.

Chapitre 4: Dréxényore

A l'époque où les Hommes et les Elfes communiquaient, il existait des esprits, très mauvais. Il y eut maintes guerres entre l'Alliance pour la Paix (les Elfes et les Hommes), et les esprits. Ce furent des guerres très sanglantes, et meurtrières.
Finalement, l'Alliance réussit à chasser les démons dans uns dimension voisine, la fameuse Dréxényore, où ces esprits règnent désormais sans partage. Mais revenons à notre réunion.

Dès que le brouhaha se calma, un elfe se leva et demanda:
"Seigneur, je suis né pour garder la Paix, mais je ne peux pas m'empêcher de m'effrayer. Nous réfugier dans cette dimension, c'est presque nous suicider! Comment pourrait-on survivre dans un monde ennemi dont on ne connaît pas le moindre aspect? Les Esprits auront tôt fait de nous mettre en pièces..."
Ce fut Fynange qui répondit:
"Mon bon Bayroin, personne ne veut mourrir, et nous en dernier. Cette dimension, nous la connaissons parfaitement, pour l'avoir étudiée avant d'y exiler les Esprits. Ce qu'il nous faut craindre, c'est bien eux. Nos pouvoirs nous ont permit de nous en défaire, mais ils ont changés, et on ne sait pas s'ils seront efficaces..."
Un autre soldat répliqua:
"Nous ne pouvons donc pas résister aux seuls êtres (si ce sont bien des êtres), capables de nous tuer... A quoi cela sert-il d'être éternels, alors?
- Ne désespère pas, Angywei, reprit la dame. Nos noms et nos esprits existeront à jamais, et l'histoire de nos vies, à défaut de nos vies elles-mêmes... Tu es un soldat, et ce n'est pas la façon de raisonner d'un soldat, que tu exprimes là. Notre destin est de nous battre contre les Esprits, comme avant, sauf qu'il n'y aura pas d'Alliance..."

Chapitre 5: Réunion: suite

Elle marqua une pause, et, pensive, elle regardait le Globe. C'était une boule multicolore, mais où perçaient çà et là quelques nuages gris. Cette boule représentait l'humanité. Le Globe, c'était le baromètre des humains, de leurs chances d'être heureux. Et plus les jours passaient, plus le gris dominait.
Voyant qu'elle restait plongée dans ses réflexions, et que personne ne parlait, Balfamyn se leva et demanda:
"Mais comment faire pour parvenir à cette dimension? Est-ce que ça présente des risques pour lma Terre?"
Le seigneur sortit de ses pensées et le renseigna:
"Nous ferons comme nous l'avons déjà fait, du moins nos ancêtres. Nous ouvrirons un passage, une porte, un portail, peu importe le nom que vous lui donnez, entre les deux dimensions. Evidemment, il y a le risque que des Esprits s'échappent vers le Terre, c'est pourquoi il y aura toujours une garde à la porte.
"La situation doit vraiment être désespérée pour que, malgré tout, le seigneur et la dame soient prêts à risquer le sacrifice de la Terre..." songea Balfamyn.
Et tandis qu'un immense sentiment d'impuissance s'emparait de lui, Fynange, ayant cessé la contemplation du Globe, réclama l'attention de tous:
"Il nous reste, il est vrai, peu de temps... Mais assez pour que vous puissiez apprendre le point faible des Esprits, et pouvoir l'utiliser.
Les esprits sont la Haine, la Haine pure, le désir de destruction sous sa plus simple forme. Et chacun a dans son coeur de quoi combattre cette Haine."


Chapitre 6: Réunion: suite et fin

Des exclamations surgirent d'un peu partout, mais la Dame s'imposa et poursuivit:
"La Haine est soeur de l'Amour. Et ceci sera notre force, tout en pouvant être notre perte..."
Des frissons glacés se répandirent dans toutes les échines présentes, et des regards apeurés s'échangèrent.
"Si nous pouvons changer la Haine des esprits par notre Amour, ils peuvent donc faire l'inverse sur nous, expliqua-t-elle. Il faut que je vous apprenne comment le protéger."
Elle détacha son collier, puis le leva bien haut:
"Chaque perle qui compose ce collier est de l'Amour. Mon amour pour chaque chose qui m'entoure: les êtres, les plantes, les animaux...
Protégé par ce collier, mon Amour est intouchable.
Il faut que chacun des elfes apprenne à fabriquer son collier, ou sa perle, car certains y mettent plus d'amour que dans un collier de milliers de perles...Mais nous verrons ça demain."
La Dame et le seigneur, après avoir remercié l'assemblée, se retirèrent, afin de les laisser digérer un peu toutes ces informations, leur demandant d'être tous présents le lendemain matin.

Chapitre 7: Flayelle

Balfamyn se mit à la recherche de Brangyio et de Buykoul, deux amis avec qui il était arrivé.
Il les trouva en pleine conversation avec une jeune elfe, que Buykoul s'empressa de lui présenter:
" Ah! Balfamyn! Tu tombes à pic... Je te présente Flayelle, un tout nouveau soldat."
Le brave elfe ne cacha pas son étonnement:
"Un soldat?! Mais... ton nom...
- Commence par un F, je sais! Répliqua l'intéressée. Je dois être le seul soldat n'étant pas conforme à la vieille tradition...
- Je ne comprends pas... Tu ne devrais pas être ici!"
Mais il n'ajouta pas: Tu es bien trop jolie pour être soldat!"
"C'est à cause de mes parents. A ma naissance, on leur a prédit ma destinée, et, pour l'éviter, ils ont changé mon nom. Mais on n'échappe pas à son destin...
- Et quel est-il?
- Ils ne me l'ont pas révélé, et s'il doit s'accomplir, je le découvrirai moi-même."
Puis la conversation s'orienta vers la conquête de Dréxényore, puis sur les colliers d'amour.
Mais Balfamyn ne cessait de s'interroger sur Flayelle, la belle Flayelle et sa mystérieuse destinée. Le seul fait de penser qu'elle pourrait souffrir le fit frissonner. Il comprit qu'il venait de retrouver son angecoeur que chez les Hommes nous appellons "âme soeur".
Il le comprit, comme une illumination. Une idée qui se glisse tout contre votre coeur, et vous n'avez plus jamais froid.
Et il voyait bien que Flayelle ressentait la même chose. Elle le regardait, lui souriait, et ses yeux lui disaient milles et un mots d'amour, des mots qu'on ne peut que croire, dits d'une telle manière...
C'est pourquoi ils ne tardèrent pas à fausser compagnie à Buykoul et Brangyio dès qu'ils le purent, et Balfamyn entama une assez maladroite déclaration:
" Flayelle, angecoeur, c'est une bien vilaine place, avec cette nuit noire et cet avenir qui siffle de combats et douleur, ces odeurs de sang que l'on peut déjà sentir, c'est un bien vilain moment pour t'avouer mon amour... Et pourtant, je te le dis, et je suis prêt à tout faire pour découvrir avec toi ta destinée et t'aider à y échapper si tu peux.
- Balfamyn, mon doux, angecoeur... Ces mots sont si doux à mon oreille... Nulle place n'est trop laide pour un amour comme celui que je ressens pour toi... Il sait bien l'embellir... Et ensemble, nous déjouerons tous les pièges du destin, pour finir ensemble et pour toujours..."
Et ils continuèrent longtemps, jusqu'à ce que la nuit se meure, que le jour arrive, et avec lui tous les soldats.

Chapitre 8: La première perle

Une fois tous les soldats réunis et assis sur leurs trônes, le couple seigneurial fit son apparition, et annonça qu'aujourd'hui, les guerriers fabriqueraient leurs colliers d'Amour. Ils se rendirent donc dans un immense champ desert (une petite clarière inconnue des Hommes), où Fynange expliqua:
"Fabriquer sa première peut être dur, ou facile, mais en tout cas, une énorme concentration est nécessaire.. Une fois cette concentration acquise, ne pensez plus à autre chose qu'à une personne ou un objet qui vous inspire un amour fort et profond. Quand vous y aurez pensé au point que votre coeur trop gonflé de joir sera prêt à éclater, serrez vos mains, et continuez à vous concentrer. Ainsi, la première perle naîtra."
Suivant les ordres de la douce dame, Balfamyn ferma les yeux et se matérialisa l'image de Flayelle. Et il y pensa très fort, et son amour pour son angecoeur emplit son âme et tout son être.
Au moment où il se sentit heureux au point de pouvoir hurler et chanter sa belle jusqu'à la fin des temps, il serra ses mains l'une contre l'autre. Il sentit alors des mains fines et fraîches se poser sur les siennes et les écarter l'une de l'autre lentement, tandis que la douce voix de la première des dames chuchotait:
" Continues à penser à elle. Je vois que tu as eu la chance de rencontrer ton angecoeur, Balfamyn. Protèges-la bien, peu d'elfes peuvent aimer à ce point."
Et sa voix douce continuait à chuchoter, et l'Amour à faire exploser le coeur de l'elfe. Après quelques minutes, Fynange retira ses mains, et Balfamyn ouvrit les yeux. Entre ses doigts, suspendue dans l'air, flottait une perle énorme, d'un rouge profond et irisé de milles teintes. Rien qu'en la regardant, il en eut les larmes aux yeux. Il émanait de ce trésor un amour tellement total et infini que même la plus aimante des elfes, même Fynange en fut émue. La voix troublée, elle déclara:
" Tu peux te féliciter d'être le premier de nos soldats à avoir créé sa première perle. Tu ne pourras jamais succomber à la Haine tant qu'un tel amour te protègera. Va maintanant voir Flayelle, va et comparez vos perles." Sans un mot, il alla retrouver son adorée et plaça sa perle à côté de la sienne. Les deux perles étaient du même rouge profond. Totalement différentes, mais à la fois pareilles et indisociables. Complémentaires et identiques jusqu'à la dernière touche de couleur, et pourtant on reconnaissait facilement à qui appartenait chacune d'elles. Ils ne pouvaient plus détacher leurs yeux de ces merveilles, et leurs coeurs, unis, donnaient l'impression qu'ils allaient exploser.

Chapitre 9: La première perle (2)

Dès qu'ils se furent un peu calmés, ilss allèrent rejoindre le groupe qui se formait petit à petit, où caque soldat exhibait fièrement sa première perle d'Amour.
Il y en avait de toutes sortes et de couleurs très variées. mais lmes plus rayonnantes étaient celles des deux amoureux. A présent, elles tenaient à l'intérieur de la paume, tandis que celles des autres soldats avaient la taille d'une phalange.
Une fois que tous furent rasemblés, Fynange donna à chacun une petite chaîne extrêmement solide, d'un matériau comme on en voit peu, même chez les elfes.
En apparence, elle était fine et toute fragile, mais pourtant capables de supporter sans peine le poids d'un humain... Ils y accrochèrent leurs perles et les enfilèrent autour du cou. Puis Fynange parla:
" Vous pourrez rajouter autant de perles que vous le souhaiterez, et je pense que plus il y en a, moins vous riquerez de basculer dans la Haine. Ces perles sont solides, mais n'oubliez pas qu'elles ne sont pas incassables, et que si vous vous faites capturer, les Esprits auront le pouvoir de la briser. Mais je e pense pas qu'ilq y arrivent autrement. Nous allons rentrer au château, et demain, vous irez où bon vous semble, avec toutefois l'interdiction formelle de parler de ceci à qui que ce soit!"
Elle leur donna ensuite encore quelques recommendations.

Chapitre 10: La journée de liberté

Aux premières lueurs de l'aube, Balfamyn, Flayelle, Brangyio, Buykoul partirent rendre visite à leurs familles, accompagnés de trois autres
soldats devenus leurs amis : Brinfer, Armyar et Aforzine.
Très vite, Balfamyn et Flayelle faussèrent compagnie aux cinq autres car la belle voulait présenter son angecoeur à ses parents, qui habitaient
un village voisin.
Les autres continuèrent donc leur route, bavardant, et le sujet déboucha tout naturellement, sur les perles, bien que Fynange leur ait
déconseillé d'en parler hors du château :
« Et à quoi pensais-tu, Aforzine, quand tu fabriquais ta perle ? demanda Brangyio
- A le race elfique. L'idée qu'elle puisse s'éteindre m'a fait tellement peur que j'ai compris à quel point je les aimais...
- C'est très beau, tout ça, ricana Buykoul, mais ta perle est tout de même assez petite.
- Je ne pense pas que la taille de la perle ait un rapport avec la quantité d'Amour qu'on met à l'intérieur, mais plutôt avec l'envie qu'on
a de le faire partager...
- C'est vrai, je n'y avait pas pensé... C'est une bonne remarque, Brinfer » ajouta Buykoul, avant de se perdre dans la contemplation de sa
perle, assez petite elle aussi.
- Armyar, tu n'as rien dit... » Fit remarquer Brangyio.
- Dire quoi ? Ma perle parle d'elle-même... Elle est assez grosse, et verte.
- Ton amour pour la nature que tu nous fait partager... Pourquoi les femmes aiment-elles tant la nature ?
- Parce qu'elle, comme nous, est mère, avant tout. Et parce qu'on la voit d'en haut, Brinfer. Et tu ne peux pas t'imaginer à quel point c'est
magnifique, harmonieux, enchanteur, parfait...
- Et à quel point ça fait mal de voir ce que les Hommes en font », acheva Aforzine.
Mais la ville se rapprochait, et ils durent dissimuler leurs perles afin que personne ne puisse les voir.

Pendant ce temps, Balfamyn et Flayelle se dirigeaient, main dans la main, chez les parents de la belle.
« Je te préviens, ils risquent de mal t'accueillir, lui anonça-t-elle.
- Ah bon ? Ils ne devraient plutôt pas être heureux pour nous ?
- Ils ont toujours craint que je rencontre mon angecoeur... Certainement à cause de ma destinée...
- Mais ils savent bien que jamais je ne te ferai aucun mal ! Moi, auteur de ta destinée malheureuse ?!
Mais elle ne répondit pas, et ils finirent le trajet en silence.
Effectivement, le pauvre amoureux fût reçu avec bien moins d'égards qu'il aurait dû. Les parents furent très gentils et courtois, les elfes
le sont toujours, mais ils restèrent distants et froids. Mais Flayelle lui assura qu'elle n'en prenait note, aussi ne fit-il rien remarquer.

Chapitre 11: Le nouveau pouvoir

De retour au château, après leur journée de liberté, les soldats furent assaillis par la gravité qui y régnait. On parle bas, on ne rit pas, le moindre éclat de voix se fait remarquer, alors on rase les murs, ne regardant personne pour ne pas engager la conversation...
Une réunion fut annoncée. Une fois la table remplie de visages sombres et d'attente craintive, le seigneur déclara:
« L'heure approche. Je ne veux pas vous mentir, il se peut que vous ne soyez pas prêts lorsqu'arrivera l'heure de mener un tel combat. Nous allons renforcer l'entraînement, tout en essayant de vous fatiguer le moins possible.
Après déjeuner, nous retournerons dans le champ, et nous commencerons à apprendre la maîtrise de vos pouvoirs. Ceci étant dit, je vous souhaite à tous un bon appétit. »

Le repas, bien que délicieux, se fit en silence.
Une fois dans le champ où se dérouleraient tous leurs entraînements, Fynange entreprit de leur enseigner leur nouveau pouvoir.
Oublié depuis longtemps, la plupart des elfes de la nouvelle génération ne savaient même pas qu'ils le possédaient, et les anciens, eux, ne le savaient plus.
Il est vrai que peut d'entre eux ont besoin de se rendre invisibles...

Durant deux jours entiers ils s'y entraînèrent, prenant leurs repas sur le sol, dans le champ, ne dormant presque pas, n'en ayant pas vraiment besoin.
Ils se mettaient par équipes de trois ou de quatre, essayant de devenir invisibles, puis de se retrouver.
Balfamyn travaillait avec Flayelle, Aforzine et Buykoul. Brangyio était avec Brinfer et Armyar. Les équipes ainsi formées resteraient ainsi pendant tout le temps de la mission, fonctionnant avec une autre équipe, afin de prévenir tout problème.

Chapitre 12: La Porte

Ils se sont entraînés encore trois semaines durant. Mais au bout de ces trois semaines, l'urgence se faisait ressentir, et le peuple des Elfes commençait à être au courant pour Drtéxényore.
Inutile de dire que les parents des soldats étaient affolés, et vinrent se plaindre en grand nombre auprès du couple seigneurial. malheureusement, cela ne les menait à rien. Leurs enfants étaient nés pour accomplir ce devoir, ils l'accompliraient.

Flayelle eut, quant à elle, un mal fou à raisonner ses parents, qui ne voulaient pas, par aucun moyen, qu'elle sorte de ce monde.
" Tu ne peux pas garder ce monde-ci? Il doit bien y avoir cela, mon ange, je t'en prie! Il ne faut pas que tu franchisses ce portail!!
- Mais pourquoi? intervint Blafamyn. Allez-vous à la fin nous dire ce qui se passe?
- Très bien, je vais te dire, je vais te dire ce que l'oracle nous a dit!
- Non, ma chérie, ce n'est pas la solution...
- Il veut savoir! Il veut savoir, je lui dirai! Flayelle ira là-bas, puisqu'ainsi la Dame en a décidé, mais je ne veux pas que tu t'en approches! Tant qu'elle sera là-bas, éloigne-toi d'elle!
- Mère, comment oses-tu? Ne suis-je pas assez grande pour décider par moi-même de ce que je veux! Quand cesseras-tu de me couver?"
A ces mots, Fkayelle s'enfuit en courant. Interdit, son angecoeur la regardait partir, n'osant la poursuivre, sentant qu'elle avait besoin d'être seule.

" Mon garçon, sachez bien que ce n'est pas contre vous, tenta de rassurer le père.
- Mais pourquoi? Pourquoi pensez-vous que je serai un danger pour celle que j'aime le plus au monde? Comment pourrais-je?
- L'oracle! Il nos l'a dit! Tu seras la cause de sa mort! Tu vas la tuer, tu entends! La tuer!!"
Balfamyn s'enfuit, lui aussi, à toute vitesse. Il laissa derrière lui des parents effondrés, une mère hystérique criant "Si tu l'aimes, laisse-la!" et un père en larmes.

Le lendemain, ils étaient en partance pour la porte qu'enfin les scientifiques du royaume avaient pu enfin créer. Balfamyn sombre et triste, se refusant de laisser son angecoeur, et conscient du danger qu'il représentait pour elle. Flayelle, déboussolée, ne comprenant pas ce qui se passait. Tous leurs amis, enfin, respectant cette ambiance grave et sentant l'ombre du destin s'étendre sur leurs têtes...