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Essais »
Once upon a time - Il était une fois
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Once
upon a
day on
the fields of May
there was snow in the summer where the blossom lay;
the buttercups tall sent up their light
in a stream of gold, and wide and white
there opened in the green grass-skies
the earth-stars with their steady eyes
watching the Sun climb up and down.
Goldberry was there with a wild-rose crown,
Goldberry was there in a lady-smock ,
blowing away a dandelion clock,
stooping over a lily-pool
and twiddling the water green and cool
to see it sparkle round her hand:
once upon a time in elvish land.
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Il
était un jour sur les champs et
prés de
Mai,
de la neige en belle saison qui fleurissait ;
les hauts boutons d’or éparpillaient leur
lumière
en un ru doré, et dans les cieux d’herbe
verts
s’épanouissaient, larges et toutes en blanc,
les étoiles-de-terre dont les regards francs
observaient le Soleil descendre et remonter.
Baie d’Or était là,
encouronnée
d’églantier,
Baie d’Or était là, vêtue
d’une
chemisette,
dents-de-lion à la main, elle en soufflait
l’aigrette,
se penchait au-dessus d’un bassin vert et frais
plein de lis d’eau, jouait de l’onde, la remuait
pour qu’elle s’éclabousse autour de sa
main :
plic !
il était une fois dans les contrées elfiques.
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Il
était un jour sur les champs et
prés de
Mai,
de la neige en belle saison qui fleurissait ;
les hauts boutons d’or éparpillaient leur
lumière
en un ru doré, et dans les cieux d’herbe
verts
s’épanouissaient, larges et toutes en blanc,
les étoiles-de-terre dont les regards francs
observaient la Soleil descendre et remonter.
Baie d’Or était là,
encouronnée
d’églantier,
Baie d’Or était là, vêtue
d’une
chemisette,
dents-de-lion à la main, elle en soufflait
l’aigrette,
se penchait au-dessus d’un bassin vert et frais
plein de lis d’eau, jouait de l’onde, la remuait
pour qu’elle s’éclabousse autour de sa
main :
plic !
il était une fois dans les contrées elfiques.
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Once
upon a
night in
the cockshut light
the grass was grey but the dew was white;
shadows were dark, and the Sun was gone,
the earth-stars shut, but the high stars shone,
one to another winking their eyes
as they waited for the Moon to rise.
Up he came, and on leaf and grass
his white beams turned to twinkling glass,
and silver dripped from stem and stalk
down to where the lintips walk
through the grass-forests gathering dew.
Tom was there without boot or shoe,
with moonshine wetting his big, brown toes:
once upon a time, the story goes.
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Il
était une nuit, lueur de brune bise,
de la rosée blanche qui mouillait l'herbe grise ;
les ombres étaient noires, le Soleil était
couché,
et les étoiles-de-terre s’étaient
fermées ;
mais les étoiles hautes brillaient dans les cieux,
et attendaient la Lune en se clignant des yeux.
Elle se leva, vit changer ses rayons blancs
sur les feuilles et l’herbe en verre étincelant,
des tiges et des chaumes l'argent ruisselait,
jusqu'en bas, là où se promenaient les
linets
par les forêts d’herbe, en ramassant la
rosée.
Tom était là, le pied sans botte ni soulier,
la Lune mouillant ses grands orteils bruns et nus :
il était une fois, l’histoire continue.
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Il
était une nuit, lueur de brune bise,
de la rosée blanche qui mouillait l'herbe grise ;
les ombres étaient noires, la Soleil
était
couchée,
et les étoiles-de-terre s’étaient
fermées ;
mais les étoiles hautes brillaient dans les cieux,
et attendaient le Lune en se clignant des yeux.
Lui se leva, et vit changer ses rayons blancs
sur les feuilles et l’herbe en verre étincelant,
des tiges et des chaumes l'argent ruisselait,
jusqu'en bas, là où se promenaient les
linets
par les forêts d’herbe, en ramassant la
rosée.
Tom était là, le pied sans botte ni soulier,
le
Lune mouillant ses
grands orteils
bruns et nus :
il était une fois, l’histoire continue.
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Once
upon a
moon on
the brink of June
a-dewing the lintips went too soon.
Tom stopped and listened, and down he knelt:
"Ha! Little lads! So it was you I smelt?
What a mousy smell! Well, the dew is sweet,
so drink it up, but mind my feet!"
The lintips laughed and stole away,
but old Tom said: "I wish they'd stay!
The only things that won't talk to me,
say what they do or what they be.
I wonder what they have got to hide?
Down from the Moon maybe they slide,
or come in star-winks, I don't know":
once upon a time and long ago.
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Il
était une lune au tout début de
Juin
des linets qui cherchèrent rosée trop
matin.
Tom
s’arrêta, écouta et
s’agenouilla :
« Eh ! Petits gars !
C’était vous que
je sentais là ?
Quelle odeur discrète ! Bien, la rosée
est
miellée,
Buvez-la donc, mais
prenez bien garde à mes
pieds ! »
Les linets s’esclaffèrent et
s’esquivèrent,
lestes,
mais le vieux Tom dit :
« J’aurais tant
aimé qu’ils restent !
Ce sont les seuls êtres qui ne me parlent pas,
ce qu’ils font,
ce qu’ils
sont, ils ne le disent pas.
Pourquoi ont-ils dû se cacher ? Ils ont
glissé
depuis la Lune peut-être, ou sont arrivés,
je ne sais,
par les
étoiles, dans
leurs clignements. » :
il était une fois, il y a bien longtemps.
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Il
était un lune au
commencement de Juin
des linets qui cherchèrent rosée trop
matin.
Tom
s’arrêta, écouta et
s’agenouilla :
« Eh ! Petits gars !
C’était vous que
je sentais là ?
Quelle odeur discrète ! Bien, la rosée
est
miellée,
Buvez-la donc, mais
prenez bien garde à mes
pieds ! »
Les linets s’esclaffèrent et
s’esquivèrent,
lestes,
mais le vieux Tom dit :
« J’aurais tant
aimé qu’ils restent !
Ce sont les seuls êtres qui ne me parlent pas,
ce qu’ils font,
ce qu’ils
sont, ils ne le disent pas.
Pourquoi ont-ils dû se cacher ? Ils ont
glissé
depuis le Lune peut-être, ou sont arrivés,
je ne sais, par les étoiles, dans leurs
clignements. » :
il était une fois, il y a bien longtemps.
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Enigmes et linets
Ce
très beau poème est fort peu connu dans la
tradition,
mais il appartient visiblement à la même
branche : le sujet traité est
évidemment bombadilien, et la structure des vers est
identique, ce qui nous
mène à penser qu’ils sont bien
liés. Peut-être est-ce encore une composition du
Pays de Bouc, comme les deux précédentes.
Bien
qu’il soit plus court, sa traduction ne fut pas plus
évidente, l’auteur nous gratifiant même
d’une énigme assez ardue : que
sont les lintips ?
De toute évidence, et du strict point de vue de
la construction du nom, un composé de lin
et tip ;
si la
deuxième partie ne pose pas de problème
à traduire — extrémité,
pointe,
bout — la
première est plus ardue. Elle n’a pas de sens en
anglais moderne, et il faut remonter loin dans l’histoire de
la langue pour
trouver
lin
(aussi orthographié linn
et lyn).
Il viendrait de l’irlandais linn
ou du gaélique linne,
voisin du gallois llyn,
“bassin, étang, lac”, et
désignait un bassin —
et plus précisément un bassin au dessus ou au
dessous d’une
chute d’eau[1].
Cette
piste est confirmée par la ressemblance
avec le lîn sindarin,
qui signifie “étang”. Il fallait donc,
pour
franciser le terme, privilégier cette racine, même
s’il semblait peu probable
qu’elle fut utilisée dans notre langue…
Et pourtant, si : l’actuel lenn
breton, qui signifie “marais”, dérive
d’un vieux breton lin.
Une racine
semblable pour un nom aquatique ne pouvait mieux tomber ! Mais
il ne
fallait pas pousser le vice jusqu’à traduire
littéralement par linbout :
la sonance n’était pas du tout la même,
et il me paraissait tout aussi
important de traduire le sens que le symbolisme sonore, cristallin et
léger. Le
diminutif –et
était donc tout indiqué, et linet
garde à la fois
le double sens et l’évocation sonore. Il ne
renseigne pourtant pas sur ce que sont
les linets, et nous voilà, tout autant que Tom,
réduits aux hypothèses ;
car si lui, l’Ancien, l’ignore, lui qui sait tous
les noms et tous les chants,
lui qui est le Maître, comment pourrions-nous dès
lors émettre un jugement
péremptoire à leur sujet ?
Appartenaient-ils encore au bestiaire des
Hobbits au moment où le poème fut
composé — sachant que ce moment
peut-être
très éloigné de celui où il
fut retranscrit
—, où étaient-ils
déjà un
simple nom étrange illustrant une
légende ? Rien ne nous l’indique, et
c’est cette énigme qui ajoute au charme du
poème.
Une
autre difficulté, à vrai dire, plus une question
métaphysique, fut de choisir entre traduire le
Soleil et la
Lune,
ou la Soleil
et le Lune.
Les genres sont inversés, par rapport au
français, dans l’original (sauf au vers 29, ou
« moon » perd sa
majuscule, et me semble revenir au neutre). Fallait-il, au nom de la
lisibilité
externe, garder nos genres (Soleil masculin et Lune
féminin), ou sacrifier à la
tradition (et à la symbolique qu’elle sous-tend)
présente dans le poème ?
Je n’ai pas encore tranché, les deux aspects
présentant autant d’arguments en
leur faveur… Les genres du soleil et de la lune sont
inscrits dans le nom même
en français, par leur terminaison : -eil
est masculin (le féminin
étant –eille,
comme dans corneille),
-une
féminin
(masculin -un,
comme dans tribun).
De plus, leur genre est
culturellement enraciné dans les esprits. D’autre
part, la tradition elfique
est claire en inversant les genres par rapport à nous, et de
toute évidence,
c’est cette tradition qui ressort dans l’original,
et pas simplement le fait
que les Hobbits masculinisent la lune et féminisent le
soleil —
tout comme les Saxons chez
nous : voir
l’allemand Der Mond
(cf. l’anglais Monday),
masculin, et Die
Sonne, féminin. Ne
pouvant trancher, j'ai laissé les
deux versions : au lecteur de choisir celle qu'il
préfère.
Quant à la structure même du poème,
elle m’a aussi donné du
fil à retordre. Chaque strophe commence et finit de la
même manière : Once
upon a day/night/moon, // Once
upon a time. Il était
alors
obligatoire de conserver ce parallélisme dans la traduction,
mais il m’a été
impossible de conserver la rime interne des premiers vers de chaque
strophe (day/May
pour la première, night/light
pour la seconde, et moon/June pour
la dernière).
Table
des matières
Les
Aventures de Tom
Bombadil : un essai de traduction poétique
Prosodie
et
traduction
The
Adventures of
Tom Bombadil / Les
Aventures de Tom Bombadil
Remarques
sur la
traduction
Bombadil
goes boating / Bombadil en
bateau
Saulet
et clapotis
Remarques sur la
traduction des
toponymes
Itinéraire
en bateau
Once
upon a Time / Il
était une fois
Enigmes
et linets
Ressources
bibliographiques et
abréviations
Ressources
imprimées
Ressources
internet
[1]
Webster's 1913
Dictionary
:
1. \Lin\ (l[i^]n), v. i. [AS. linnan. See {Lithe}.] : To yield; to
stop; to cease. [Obs. or Scot.] --Marston.
2. \Lin\, v. t.: To
cease from. [Obs. or
Scot.]
3. \Lin\, n. [Ir. linn, or
Gael.
linne; akin to W. llyn a pool, pond, lake, but in senses 2 and 3 prob.
from AS.
hlynn
torrent. Cf. {Dunlin}.]
1. A pool or collection
of water, particularly one above or below a fall of water.
2. A waterfall, or cataract; as, a
roaring lin.
3. A steep ravine.
Note:
Written also linn and lyn.
(SOURCE :
http://www.hyperdictionary.com)
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